Là-bas ?

Là-bas ?
Là-bas ?
Sous l'éclat nuancé
d'un soleil qui s'endort
un volcan pacifique
crache des arcs en ciel ;
à son pied tapissé
de mille boutons d'or
un fleuve mirifique
roule un bleu essentiel !

Là-bas ?
en aval, en amont,
partout, en plein été,
des lits de sable fin
transpirent l'aventure ;
à l'abri du sermon
de la moralité
l'Amour se vit sans fin
au coeur de la nature !

Là-bas ?
Sous des plafonds criblés
de clins d'oeil lumineux
il est des soirs bleutés
aux échos qui se dansent ;
loin des aspects troublés
de nos ciels cotonneux
des rêves agités
imposent leurs cadences !

Là-bas ?
Dans l'espace chargé
de senteurs inconnues
des vents déboussolés
se croisent en musique ;
au fil d'un temps léger
que la vie porte aux nues
les coeurs sont emballés
dans un bonheur physique !

Là-bas ?
Dans les lits embaumés
des filles en cheveux
le sens des lendemains
déroge à l'habitude :
dans leurs yeux allumés
par d'étranges aveux
j'ai saisi à deux mains
l'intense plénitude !
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# Postato sabato 15 marzo 2008 13:40

Souvenir d'un Poilu,

Souvenir d'un Poilu,
Et le bonheur dansait, dansait,
dans ton regard tout feu, tout femme,
où l'hiver se débarassait
pour moi de son aspect infâme,


et février tourbillonnait
en gerbes de flocons morts-nés
que le vent du nord promenait
en nous gelant le bout du nez,


et des passant nous regardaient
aller bras dessus, bras dessous,
légers comme des farfadets
dans nos blousons de quatre sous,


et des garnements traversaient
devant nous comme des éclairs
la grand-rue qu'ils éclaboussaient
de lumière et de rires clairs,


et le ciel chargé éclatait
de noir et de bleu indigo
tandis qu'ensemble on récitait
Johan Goethe et Victor Hugo,


et on s'aimait, et on s'aimait,
sourds aux échos intempestifs
de la guerre qui décimait,
hélas, nos peuples respectifs !
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# Postato sabato 15 marzo 2008 13:24

Rêve fou,

Rêve fou,
Bien sur je rêve encor
car je suis poursuivi
par cette fleur qui vit
au jardin de ton corps,
cette fleur qui attend
que vienne l'arroser
quelque pluie de baisers,
pour échapper au temps,
cette fleur parfumée,
nichée dans un volcan
torride et provocant,
qui jouit le verbe aimer
lorsque son coeur fouillé
par un violent désir
ruisselle de plaisir
entre mes doigts mouillés...

Bien sur je rêve encor
mais avant de partir
je veux m'anéantir
au jardin de ton corps,
boire jusqu'à la lie,
en attendant le jour,
à la source d'amour
qui réchauffe ton lit,
et creuser le chemin
de ton intimité,
que je veux éclater,
même si dès demain
je dois payer très cher
le droit de caresser
cette perle enchassée
dans son écrin de chair !
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# Postato sabato 15 marzo 2008 13:13

A ma fille,

A ma fille,
Je savais qu'un beau jour je serais confronté
à ce moment fatal de la séparation,
et que malgré le poids de mon appréhension
je n'aurais ni le droit, ni l'envie de lutter !


Je savais, Magali, car la vie est ainsi,
qu'en quittant la maison pour faire ton chemin
tu me laisserais là avec des lendemains
tout à coup constitués de joie et de souci !


Alors je pense fort, très fort à ton bonheur,
pour atténuer en moi le mal de ton départ,
alors je t'imagine heureuse quelque part,
entourée d'un amour dont je sais la teneur,


et je pense surtout, pour trouver le répit,
que tu me reviendras un matin de printemps,
avec le ventre rond et le coeur trop content
de me vieillir un peu en m'appelant "papy."
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# Postato sabato 15 marzo 2008 13:00

Modificato lunedì 21 dicembre 2009 14:50

Les estivantes,

Les estivantes,
Sous le voile tendu de leur mince corsage
il est des fruits plus doux que ceux de la passion,
qui parlent à loisir à l'imagination,
et qui n'incitent pas un homme à être sage...


Leurs yeux rieurs sont pleins d'un fabuleux message :
il fait beau, c'est l'été, c'est la récréation,
le temps de s'accorder enfin la permission
de croquer au soleil un amant de passage...


En marchant comme on danse elle vont, souveraines,
comparant leur reflet à celui des sirènes,
dans l'éclat de la mer qui roule ses accords !


Qu'importe qu'elles soient maitresses ou servantes :
quand le ciel embrasé les change en estivantes,
leur désir, en juillet, c'est de n'être qu'un corps
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# Postato sabato 15 marzo 2008 12:55