Il sera,

Il sera,
Il sera,
tu verras,
ce frêle papillon
qui danse sur l'épine
dans le chaud tourbillon
de ton âme caline,
il sera,
tu verras,
la fleur fraiche-cueillie
mise au canon des armes,
dans le charmant fouillis
des pensées qui t'alarment,
il sera,
tu verras,
cet or pur qui attend
dans un ruisseau sordide,
pour combler au printemps
le promeneur candide,
il sera,
tu verras,
le miel de notre vie,
tes yeux et ma lumière,
le fruit de notre envie,
et notre joie première,
il sera,
tu verras,
ta seule religion,
mon unique croyance,
notre premier million,
notre plus belle chance,
il sera,
notre enfant,
la raison de nos jours,
et , clarté solennelle,
sur l'autel des Amours,
notre flamme éternelle !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 06:12

Pierrot fripon,

Pierrot fripon,
Lorsque dame Nature
charge le vent maraud
d'un parfum d'aventure
mon bel ami Pierrot
invente une combine
pour aller retrouver
une autre Colombine
qu'il invite à rêver !
Là-bas, au milieu de la nuit,
coeur infidèle,
même sans feu,
et sans chandelle,
il se joue de l'ennui !


En roi de l'amusette
mon Pierrot déchainé
va tendre au bal musette
son nez enfariné,
enlaçant sa nouvelle
Colombine d'un soir,
ce fripon lui révèle
la saveur de l'espoir :
là-bas, dès que sonne minuit,
coeur infidèle,
même sans feu,
et sans chandelle,
il enchante la nuit !


Mais l'aube va renaître
et tuer la passion,
je crie par la fanêtre,
"Colombine, attention..."
cet amour met les voiles
quand le petit matin
décroche les étoiles
de ton ciel de satin !
Pierrot nous rend à notre ennui,
coeur infidèle,
toujours sans feu,
et sans chandelle,
il disparait avec la nuit !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 06:01

Et Voltaire, et Rousseau,

Et Voltaire, et Rousseau,
Mon bon monsieur j'espère
ne pas vous embêter
en gardant pour chanter
la langue de mon père
que j'aime et qui me plait,
car enfin,
que penserait Voltaire,
que penserait Rousseau,
en la voyant par terre,
le nez dans le ruisseau ?


Bien sur, elle est malade,
et son âme affligée
souffre dans la salade
des apports étrangers
qui chargent nos couplets,
mais enfin,
que penserait Voltaire,
que penserait Rousseau,
en la voyant par terre,
le nez dans le ruisseau ?


C'est la mode, sans doute,
mais je suis médusé
chaque fois que j'écoute
un gars défrancisé
aboyer en anglais,
car enfin,
que penserait Voltaire,
que penserait Rousseau,
en le voyant par terre,
le nez dans le ruisseau ?


Au diable vos négoces,
où demain c'est Villon
qu'on montrera aux gosses
affublé d'un melon...
Et si on l'étranglait...
Mais enfin,
qua penserait Voltaire,
que penserait Rousseau,
en le voyant par terre,
le nez dans le ruisseau ?


Ah ! si c'était possible
pour mieux damer le pion
à la perfide Albion
qui nous a pris pour cible,
j'aimerais, on le sait,
en regardant vers Londres,
j'aimerais lui répndre
en pissant du Français !

Et il dirait Voltaire,
et il dirait Rousseau :
"là-bas sur l'Angleterre,
il pleut encore à seaux !"
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# Postato domenica 16 marzo 2008 05:52

Tout seul, (à Guy Bedos)

Tout seul, (à Guy Bedos)
Un round d'observation,
un seul,
et il rentre, attention !
Tout seul !
Virulent et charmeur,
au gré de son humeur,
au gré de son génie,
il rentre dans le tas !


Un round d'observation,
un seul,
et il tape, attention !
Tout seul,
Il tape, et il fait mouche :
rôdé à l'escarmouche,
il rend certains vernis
dans un piteux état...


Un round d'observation,
un seul,
et il griffe, attention !
Tout seul,
le fauve en liberté
inscrit sa vérité
sur la peau de satin
des cons et des nantis !


Un round d'observation,
un seul,
et il fonce, attention !
Tout seul,
les mots jonchent la scène,
du sublime à l'obscène,
tout est livvré grand teint,
cent pour cent garanti...


Un round d'observation,
un seul,
et il rit, attention !
Tout seul,
il rit jaune, il rit fort,
il sonne sans effort
le public éclaté
qui le suit volontiers !


Un round d'observation,
un seul,
et il tourne, attention !
Tout seul,
il accroche, il harcèle,
une cible chancelle...
Superbe ! En vérité,
BEDOS a du métier !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 05:38

Monsieur BREL,

Monsieur BREL,
Parlez-moi encor des coeurs tendres
"avec leurs yeux à fleur de peur",
et puis chantez-moi sans attendre
le désarroi et la stupeur
des taureaux qui souffrent pour nous,
devant une foule à genoux,
de cette vieille qui pardonne,
ou de de Jef qu'on abandonne...


Chantez pour les vieux incrédules
troubléspar la fuite du temps,
criez en brisant leurs pendules
"c'est dur de mourir au printemps !"
"Au petit jour d'un petit froid",
chantez sans peur et sans effroi
pour quelques bigotes livides
que le ciel est rempli de vide !


Puis en attendant Madeleine
racontez-moi un peu la vie
de la dame qui se promène
sur les remparts de Varsovie,
évoquez le destin ingrat
du pauvre Général Zangra,
où celui de ce coeur honnête,
qui a tant aimé la Fanette...


Aux accents d'un tango funèbre
jouez encor à houspiller
cette mort drapée de ténèbres
"qui nous attend sous l'oreiller !"
Jetez la sur le macadam
dans les rues du port d'Amsterdam,
égarez-la dans une impasse,
"pour mieux rire du temps qui passe !"


Chantez pour l'homme qui se dresse,
qui veut enfin vivre debout,
souffrir pour un peu de tendresse,
aimer, et croire jusqu'au bout
que l'on peut convaincre un tambour
avec une chanson d'amour...
Chantez pour que le monde enterre
sa connerie héréditaire...


Monsieur Brel, Monsieur Brel, ne vous arrêtez pas,
Chantez, chantez, chantez, et ne nous quittez pas !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 05:24