Je ne vois pas pourquoi ?

Je ne vois pas pourquoi ?
J'ai franchi cette nuit le seuil de ma folie
et j'ai peut-être su t'adorer sans partage,
mais je n'ai pas le droit d'en faire davantage !
Je sais déjà, vois-tu, que loin de ce grand lit
la vie ne pourra pas toujours être marrante
pour tes dix sept printemps auprès de mes quarante !
Alors je ne vois pas,
je ne vois pas pourquoi
le petit dieu moqueur
a soudain décidé
de vider son carquois
pour nous cribler le coeur
quand on s'est regardé ?


J'ai fondu du soleil de tes grands yeux d'enfant
et j'ai sans doute été un amant pur et tendre,
mais ma raison dès l'aube a su se faire entendre :
oui, quelque chose en moi aujourd'hui me défend
de raconter encore à quelqu'un de ton âge
que le blond et le gris font parfois bon ménage...
Alors je ne vois pas,
je ne vois pas pourquoi
l'imprévisible archer
de l'Amour, tout à coup,
a vidé son carquois
pour nous faire pécher
en tombant sous ses coups ?


J'ai aimé, c'est certain, ce premier rendez-vous,
et j'ai lâché la bride à mes penchants canailles,
mais j'ai eu tort, grand tort, il faut que tu t'en ailles !
Je sais déjà, vois-tu, je sais , je te l'avoues,
que j'aurai un mal fou, et ça me désespère,
à croiser désormais le regard de ton père !
Alors je ne vois pas,
je ne vois pas pourquoi
au mépris des années
Cupidon quelquefois
va vider son carquois
sur deux coeurs condamnés
à n'aimer qu'une fois !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 12:47

Les goûts et les couleurs,

Les goûts et les couleurs,
Je crois que si j'étais maman
je laisserais vite tomber
mon droit à un émolument
pour jouer avec mon bébé,


Je crois que si j'étais notable
avant de faire des façons
je regarderais sous ma table
et j'en tirerais des leçons,


je crois que si j'étais bourreau,
plus qu'à l'assassin d'un enfant,
j'aimerais passer le garrot
à l'avocat qui le défend,


je crois que si j'étais gendarme
je n'ennuierais pas les putains,
mair j'irais voir les marchands d'armes
pour leur parler de leurs butins,


je crois que si j'étais prudent
je ne dirais pas ça aux gens,
car je vais me casser les dents
sur les barrages de l'argent !


Mais le sens des valeurs,
ça ne s'impose pas,
les goûts et les couleurs,
ça ne s'explique pas...


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# Postato domenica 16 marzo 2008 12:11

La panne,

La panne,
Ce soir on se chamaille,
la mère vitupère
tandis que sa marmaille
s'agite et désespère,
le père broie du noir
et la tension s'accroit,
mais que faire ce soir,
la télé est en croix ?
Et si on essayait de se parler un peu,
de garder les enfants assis sur nos genoux,
et si on essayait, ici, au coin du feu,
de se retrouver seuls, en famille, entre nous...


Mais que c'est difficile,
personne ne sait faire,
la petite Cécile
agace son grand frère,
On n'a rien à se dire,
et on manque d'idées,
on se force à sourire,
pour ne pas s'emmerder...
Et si on apprenait à se parler un peu,
à garder les enfants assis sur nos genoux,
et si on apprenait, ici, au coin du feu,
à se retrouver seuls, en famille, entre nous....


Champion de l'indolence,
le père, machinal,
dans un affreux silence,
regarde un vieux journal...
Mais comment font ces gens
qui vivent sans effort
sans télé, sans argent,
en un mot, sans confort ?
Peut-être arrivent-ils à se parler un peu,
à garder leurs enfants, le soir, sur leurs genoux,
peut-être savent-ils, chez eux, au coin du feu,
se retrouver parfois, en famille, et c'est tout....


Les parents à la page,
sinistre dérision,
vivent dans le tapage
de la télévision :
l'actualité les marque,
la faim, la mort, le bruit,
mais aucun ne remarque
que Cécile s'ennuie....
Alors essayez-donc de lui parler un peu,
de la garder le soir, ici, sur vous genoux,
alors essayez-donc, chez vous, au coin du feu,
de vous retrouver seuls, en famille, entre vous !

# Postato domenica 16 marzo 2008 11:39

Vers libres,

Vers libres,
Regarde,
une fleur, un oiseau,
un enfant, une femme,
des crayons de couleur,
et je dessine un monde
où tu ne pourras plus,
plus jamais vivre seule !
Et je dessine un monde....
Mais bon dieu le béton
bouffe déjà la fleur,
un fusil sans pitié
harcèle mon oiseau,
et le bruit de sa chute
ne sert qu'à étouffer
les cris de mon enfant !
Puis mon parfum de femme
se mêle dans la rue
à des gaz carboniques,
des voitrures sauvages
roulent sur mes crayons !
Je n'ai plus de couleurs,
je n'ai plus dans les mains
qu'un dessin noir et blanc
aux odeurs de caserne...
Alors je recommence,
je veux recommencer,
je dois recommencer !
Mais les murs continuent,
et le chasseur aussi !
Et les pleurs de l'enfant,
affolé, égaré,
privé de ton sourire
dans la forêt tragique
de mes crayons cassés
se perdent pour un temps
dans le bruit des moteurs !
La femme est à genoux,
et cache son visage
dans ses pauvres mains sales
qui puent déjà l'essence !
C'est un combat sans trève,
un calvaire sans fin,
c'est un cycle infernal
que je boucle sans cesse
pour repasser du rêve
à la réalite !
Et je fais des chansons
qui ne sont que des cris,
et je jette ces vers
sur un mauvais papier :
j'aime sans retenue,
je condamne sans peur,
je regarde sans voir,
je perçois, je constate,
j'entends, je subordore,
j'invente et j'imagine....
J'écris, j'écris, j'écris !
J'écris un peu , beaucoup,
j'écris passionnément,
j'écris un peu "rétro"
- on me l'a déjà dit -,
j'écris beaucoup pour vivre,
en un mot comme en cent :
je cherche sans trouver
en pleurant sans raison
quelque chose à rêver
au sein de ma prison !

Ca y'est, je sais rimer,
je repars pour un soir,
le coeur tout grand ouvert,
je vais parler d'espoir,
et répéter toujours,
toujours les mêmes mots,
jetés aux mêmes yeux
pour voir ce que je peins,
regarde,
l'oiseau, la fleur, l'enfant,
la femme et mes couleurs,
même sous-entendus,
ils ont tous répondu
du fond de leur malheur !
Ah ! là je me défends,
regarde !
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# Postato domenica 16 marzo 2008 11:21

Chanson d'hiver,

Chanson d'hiver,
Du haut d'une fenêtre ouverte sur le vide
j'imagine la rue qui t'amenait vers moi :
un pauvre jour perdu brûle ses derniers feux...

Et je sens tout mon être, autrefois impavide,
tout à coup parcouru par un terrible émoi :
un pauvre Amour déçu jette ses derniers feux !

Pauvre décor,
horizon couvert,
et coeur en hiver,
il neige encor,

près des chaumières
des yeux effarés,
flocons égarés,
brillent dans les lumières,

Il fait si froid dans le désert d'une nuit,
balayée par un ennui,
tout chargé d'effroi,
quand on est seul
avec un Amour cassé,
le temps ne veut plus passer,
quand on est seul,
sur l'océan,
du néant !

Le spectre fou
d'un passé brûlant
s'éloigne en hurlant,
le temps s'en fout,

sur la grand-route
un espoir s'aigrit
dans les cheveux gris
de l'Amour en déroute,

Il fait si froid,
dans le désert d'une nuit,
balayée par un ennui,
tout chargé d'effroi,
quand on est seul,
avec un Amour cassé,
le temps ne veut plus passer,
quand on est seul,
sur l'océan
du néant !

Tu sais combien
la fausse accalmie
d'un monde endormi
me fait du bien,

un lourd silence
tombe en grains de plomb,
je manque d'applomb,
et ça sent la violence....

Il fait si froid
dans le désert d'une nuit
balayée par un ennui
tout chargé d'effroi,
écoute-moi,
je t'adresse sans façon
les mots de cette chanson
écrite pour toi !

L'Amour n'est plus qu'un rêve
et la nuit pour toujours
l'emporte avec le jour
dans le vent qui se lève...





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# Postato domenica 16 marzo 2008 08:28

Modificato domenica 16 marzo 2008 10:28