J'aimerais tant...

J'aimerais tant...
J'aimerais tant, ma femme,
j'aimerais commander
au temps et posséder
un pouvoir démentiel,
des dons hors du commun
pour t'habiller de ciel
d'un geste de la main
comme un vrai magicien !


J'aimerais tant, ma femme ,
revoir les jours anciens
où l'on savait trouver
quelque chose à rêver
dans une fleur cueillie
aiu détour d'un sentier,
ou dans le frais taillis
d'un abri forestier,


j'aimerais tant, ma femme,
poursuivre dans les cieux
l'astre roi capricieux
et saisir sa lumière,
comme on prend au jardin
quelque rose trémière,
pour la poser soudain
dans tes yeux étonnés,


j'aimerais tant, ma femme...
Et après cent années
passées à te chérir,
j'aimerais tant mourir
dans le fastueux décor
de ton lit parfumé,
en criant sur ton corps
à force de t'aimer !


J'aimerais tant, ma femme,
savoir, en vérité,
pourquoi tu m'as quitté ?
[ Aggiungi un commento ] [ Nessun commento ]

# Postato domenica 16 marzo 2008 14:06

Révolte,

Révolte,
Trouvez-moi ces trompettes
qui crachent des tempêtes
et comme à Jericho
j'abattrai illico
ces grand murs dégoûtants
qui passent tout leur temps
à boucher l'horizon
sans aucune raison !


Je jetterai à terre
chaque muraille austère
qui prive une cité
de soleil en été
pour sortir des chemins
envahis de gamins
les spectres ombrageux
qui attristent leurs jeux !


J'enverrai dans l'espace
l'odieuse carapace
de fer et de béton
qui transforme en mouton
l'homme désemparé
contraint à ignorer
la chanson des roseaux
et les cris des oiseaux !


Donnez-moi ces trompettes
aux souffles de tempêtes
et comme à Jericho
j'abattrai illico
pour dégager le ciel
ce monde artificiel
et trop souvent ringard
qui brise mon regard !
[ Aggiungi un commento ] [ Nessun commento ]

# Postato domenica 16 marzo 2008 13:54

Eh ! java, java,

Eh ! java, java,
Eh ! java, java,
tu n'en as pas marre
de ce tintamarre
qui roule et qui va
te refiler la migraine,
t'en as pas assez,
quand vient le dimanche
de faire la manche
en faisant danser
toute la mauvaise graine ?

Et les jeunes loups,
la main baladeuse,
jouent les vieux marlous
en froissant les fanfreluches !
Tu marques le pas,
la lèvre boudeuse,
mais tu ne viens pas
au secours de leurs greluches...

Lassées de tourner
toutes ces gamines
feront grise mine
en fin de journée,
mais Java tu t'en balances !
Qu'importe le temps,
qu'importe l'usure,
tu tiens la mesure,
tu tiens leurs printemps,
en leur meublant le silence !

Et les cotillons
quelquefois s'envolent
dans les tourbillons
d'une nouvelle aventure,
ça devient dément,
et les moins frivoles
s'en vont gentiment
redécouvrir la nature...

Ah ! sacrée Java,
tu sais que tu pèches
et tu te dépêches
quand le jour s'en va
de repasser à confesse !
Sans flon-flon tu pries,
tu deviens modèle,
pour tous tes fidèles ,
ceux que t'as surpris
les mains plaquées sur les fesses...

Et les amoureux,
tout à coup maussades,
ces gamins heureux
que l'accordéon surmène
vont se ravaler
un peu la façade
et se dessoûler
pour attaquer la semaine...


En oubliant la Java,
en Maudissant la Java,

[ Aggiungi un commento ] [ Nessun commento ]

# Postato domenica 16 marzo 2008 13:40

Le marinier

Le marinier
Toi le vieux marinier
blanchi dans les sillages
tu pleures le dernier
de tes fameux voyages !

Tu as grandi sur l'eau
et mûri sur la vague,
toi le vieux matelôt,
et ce soir tu divagues !

Tu cherches le chaland
qui se mirait dans l'onde,
et glissait, calme et lent,
" à l'autre bout du monde..."

Toi le vieux marinier
tu es comme un poète
jeté dans le panier
des lendemains sans fête :

marinier sans bateau,
poète sans tendresse,
c'est le même écriteau,
et c'est la même adresse,

le quartier de l'ennui
sur un coin de la terre,
au pays de la nuit,
dans une rue austère...

Tel l'artiste égaré
dans un monde infernal
tu vas, désemparé,
au bord de ton canal,

en cachant ton émoi,
quand les péniches passent,
comme j'étouffe en moi
un grand besoin d'espace !

# Postato domenica 16 marzo 2008 13:18

Je ne trompe pas les maris,

Je ne trompe pas les maris,
Madame, si je me rhabille,
avant d'entrer dans votre lit,
c'est à cause de ce joli
petit bonhomme qui babille :
je n'ai pas assez d'estomac
pour m'installer, vaille que vaille,
dans la veste de pyjama
d'un pauvre papa qui travaille !

Je ne trompe pas les maris,
un peu par solidarité,
un autre peu par charité !

Je n'ai pas envie de reprendre
dans certains devoirs conjugaux
les erreurs de quelques gogos
qui n'ont pas eu le temps d'apprendre :
s'il faut rédiger et signer
une page d'amour coupable
au nez d'un cocu résigné,
Madame, j'en suis incapable !

Je ne trompe pas les maris,
un peu par solidarité,
un autre peu par charité !

C'est un peu fou, je vous l'accorde,
de ne pas vouloir vous aimer,
mais je refuse de semer
la moindre graine de discorde
dans le petit jardin caché
d'une ravissante voisine,
tandis qu'un vieux con-joint bouché
s'éreinte et sue dans une usine...

Je ne trompe pas les maris,
un peu par solidarité,
un autre peu par charité !

Et puis si par malheur je passe
trop de temps chez des étrangers,
au mépris de tous les dangers,
tôt ou tard, un vilain rapace
pénétrera dans ma maison !
Et s'il est beau, s'il est infâme,
il me trompera sans raison,
Madame, avec ma propre femme !

Alors pitié pour les maris,
un peu par solidarité,
un autre peu par charité !

[ Aggiungi un commento ] [ Nessun commento ]

# Postato domenica 16 marzo 2008 13:00